Grand Chambord : déjà deux morts

Il avait raison, Momo le roi des villes et des champs, début 2014, lorsqu’il avait monté cette cérémonie post-soviétique devant les grilles de la préfecture de Blois. Dénonçant le « tripatouillage » et le « charcutage » des cantons, 30 couronnes mortuaires aux couleurs nationales - payées aux frais du contribuable – avaient été accrochées sur les grilles au son d’une marche funèbre. Du grand art, du grand Momo, tout le monde était prié de s’incliner devant le talent de notre Patrick Sébastien de la politique locale. Il avait ensuite offert au préfet de l’époque, Gilles L., des ciseaux d’or du meilleur redécoupage des cantons pour qu’il les remette au premier ministre Manuel Valls. Applaudissements, rideau !

Un an après, il va pouvoir offrir une couronne mortuaire tricolore à son fidèle PML, Patrice Martin-Lalande, et à son binôme féminin Édith Bresson (à une consonne près !), qui viennent de décrocher de leur candidature aux élections départementales de mars prochain, sur le canton – redécoupé donc – du « Grand Chambord ».

Bal tragique à Chambord : deux morts

Officiellement, PML est tombé malade, aux dires de son docteur qui lui aurait soufflé à l’oreille (c’est dans son communiqué officiel annonçant son retrait de candidature) : « si tu continues comme ça coco, ça va sentir le sapin dans pas longtemps. Le Palais Bourbon, tu peux continuer. Le Département : laisse tomber. » En plus d’un cabinet de docteur, il doit donc posséder une usine à sondages, car si ça ne ressemble pas à un alibi foireux digne d’un collégien qui ne veut pas aller en cours de sport se coltiner le nouveau prof, alors on veut bien manger les 30 couronnes mortuaires à Momo !

Et ça n’est pas tout : le binôme féminin – à ne pas confondre svp avec une « suppléante » – la sus nommée Édith Bresson, adjointe au maire de Neung-sur-Beuvron Guillaume le Prince de Sologne, jette l’éponge aussi. Sans doute parce que, infirmière libérale de son état, elle pourra mieux prodiguer soins et massages au nouveau souffrant de Sologne. Mais gare aux jalousies féminines, les épouses guettent ! Les biches solognotes n’aiment pas les cornes et donnent plutôt des coups de bois (que j’me chauffe)…

Pendant ce temps-là, l’actuel conseiller général du canton de Chambord doit se frotter les paluches. Inespéré pourrait-on dire, tant le triste sire est fade comme une purée mousseline sans sel, toujours à se faire cartonner la tronche dans les assemblées départementales par celui à qui il doit tout – y compris d’être chef de l’opposition – suivez mon regard.

Juste une mise au « Point »

Dans un récent article du « Point » où Momo se fait cirer les savates avec tout le talent qu’un journaliste plein comme une outre de pots-de-vin peut mettre dans un papier de complaisance, il évoque le « bleu de chauffe » que le candidat à sa propre succession devra enfiler sur son canton de Montoire-sur-le-Loir (ça aussi, c’est nouveau). Là bas, – bigre ! on en tremble pour lui ! – il devra affronter Jean-Yves Narquin, frère de la Roselyne « vue à la télé », et acoquiné au FN bleu Marine. Momo, jamais à court d’idées ni à esquiver les vrais débats, ne manque jamais une occasion d’appuyer courageusement là où ça fait mal pour le ‘pauvre’ maire de Villedieu-le-Château : ses déboires familiaux et judiciaires (il a organisé son insolvabilité pour éviter de payer une pension alimentaire, la justice l’a déjà condamné pour ça l’automne dernier). Avec l’aide du quotidien local « la nounou », qui en a quand même fait 4 colonnes excusez du peu (que fera-t-elle pour un serial killer ? Une édition spéciale probablement), il balance des sms pour inciter à lire l’article (merci pour la pub au passage, juste retour sur investissement diront les autres), et balance aussi son adversaire dans l’article du « Point », tout à la gloire passée, présente et future de Momo le roi des villes, et des champs.

Sauf si, ayant perdu son plus fidèle toutou de l’UMP lui permettant de ne pas trop passer pour un guignol au yeux d’un parti qui le prend surtout pour un bouffon, le canton-déjà-perdu-d’avance du Grand Chambord soit celui où il entende sonner l’hallali… Ça ne serait pas étonnant d’ailleurs, en vertu de la très forte concentration de gros gibier sur ce territoire, et de la forte densité de chasseurs.

Et après l’hallali : la curée. Pour le savoir, rendez-vous début avril, au 3e tour de ces élections départementales dont les électeurs se fichent comme d’un guigne, mais qui finalement pourrait prendre un tour plus croustillant… A défaut de savoir à quoi vont bien pouvoir servir les Départements dont on a annoncé la disparition en 2021.

 

Publié dans : Quel merdier... |le 5 février, 2015 |Pas de Commentaires »

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